Vigeo et l'entreprise

La meilleure réglementation est celle qui qui est construite à partir d'expérimentations, affirmait Nicole Notat, présidente de Vigeo lors des Rendez-vous du développement durable le 16 janvier au ministère de l'écologie et du développement durable.

 

Les entreprises qui expérimentent influencent ainsi la réglementation. Déplorant le "regard abominablement négatif" porté en France sur l'entreprise, y compris parfois par la puissance publique, elle affirme que, si le profit est dans la nature de l'entreprise, on peut se demander si on ne doit pas aller de la maximisation de la valeur pour l'actionnaire vers la performance globale. L'ISR est de nature à faire bouger les lignes entre coutermisme et vision à long terme, et force les entreprises à des arbitrages de plus en plus visibles qu'elles devront justifier. Après, tout est affaire de rapports de forces entre actionnaires, territoires, écologie, salariés, dont les intérêts sont par nature conflictuels. Le cadre public qui oriente les acteurs reste nécessaire. Il faut s'éloigner de la dichotomie manichéenne entre la logique entrepreneuriale à la Friedman et la logique partenariale de l'entreprise, dépasser cet antagonisme. Ainsi va t-on vers de nouvelles formes de régulation entre l'entreprise et son environnement.

 

Jouant de la "parfaite synergie entre ce qui s'adresse aux investisseurs et ce qui s'adresse aux entreprises", Vigeo, qui a réalisé soixante-dix audits, a dépassé le moment où il se demandait si le marché existait. L'année 2007 sera celle où l'entreprise de notation passera dans le vert. C'est sûr, il y a place pour une activité rentable dans le domaine de la RSE.

 

MNA