Edito: Des histoires qui ne se ressemblent pas

          Des entreprises de transport de voyageurs, aux actionnaires privés ou publics ; une usine francilienne qui passe sous contrôle d’un industriel européen, puis est vendue à un fonds vautour étatsunien qui l’agrége à un groupe international et enfin se retrouve propriété d’un industriel chinois ; une société fondée par un duo improbable d’amis aux cultures différentes et innovante tant dans la technique que dans le management ; trois histoires d’entreprises ouest-européennes dans la mondialisation, à partir desquelles on pourra tirer diverses constatations et se poser quelques questions.

         La fabrication mécanique est délocalisable, la désindustrialisation de la France se poursuit ; l’activité de transport quotidien n’est pas délocalisable, même si les employés peuvent venir de l’étranger et les camions être construits hors de France, que leur marque soit nationale ou non.

         Un management différent est possible mais, tenant dans les PME à la personnalité des dirigeants-propriétaires, peut-il être pérenne dans un autre contexte ? Les pouvoirs publics sont-ils soucieux du respect du droit du travail par les investisseurs étrangers ? Les grandes entreprises peuvent sortir du scénario classique selon lequel dirigeants et actionnaires jouent au meccano alors que les élus du travail et les organisations syndicales ne sont appelés qu’à se prononcer sur des jeux déjà faits et panser les plaies du personnel, cette ouverture en amont est-elle due à des circonstances exceptionnelles ?

Marie-Noëlle Auberger