Une pièce de théâtre pour provoquer le débat

Parties prenantes. C'est le nom d'une pièce de théâtre pédagogique écrite par Stéphanie Savel et Jean-Pierre Gauthier d'ASG Conseil, présentée le 6 octobre aux ban et arrière ban du secteur de la RSE, après des répétitions actives auxquelles les proches apportaient un regard critique et une avant première à Développement et emploi.

 

L'argument? Une entreprise de province à capitaux familiaux manque de fonds propres pour investir dans une nouvelle usine en Pologne. Sur la suggestion de son bras droit, ami d'enfance et maire de la ville, la présidente décide de faire appel à un fonds d'investissement responsable pour contrer l'arrivée d'un fonds de placement étasunien proposé par son oncle. Afin de séduire le dit fond, elle embauche un jeune homme retour d'Afrique qui est chargé d'introduire le développement durable dans l'entreprise, sans pour autant menacer la rentabilité de celle-ci.

 

"Une entreprise, c'est fragile", lui répète la présidente, tant et si bien qu'il reprendra la formule dans les dernières scènes. Inquiétude des salariés qui craignent que l'expansion polonaise tourne à la délocalisation, absence totale de syndicat, contestation via un site internet parallèle et anonyme, usage astucieux des subventions pour l'emploi des handicapés, jeune journaliste engagée… et happy end final : tant l'entreprise que la communauté de communes reçoivent une distinction développement durable, le jeune promoteur de la RSE qui n'a plus rien à apprendre à l'entreprise est embauché au ministère du développement durable et la journaliste part travailler dans un cabinet de notation extra financière à Paris.

 

Certains spectateurs ont trouvé les personnages caricaturaux et l'action peu crédible; d'autres ont trouvé que ce n'était pas très loin d'une réalité possible. La question n'est peut-être pas là: quand le chargé de développement durable explique qu' il faudra renoncer à un taux de profit de 15% parce qu'"au delà de 3%, c'est du vol", certains financiers responsables présents dans la salle ont estimé que cela discréditait l'exercice. En tout état de cause, la pièce, qui bénéficie de l'appui du Centre national des Arts et Métiers Bretagne Pays de Loire, n'a pas vocation à être présentée seule: elle doit être suivie d'un débat entre spectateurs et auteurs. C'est à l'usage que l'on verra si elle "passe" auprès des responsables et des salariés d'entreprise.

 

MNA