Courbe en J et alliances

Fondact, Association pour la gestion participative, l'épargne salariale et l'actionnariat de responsabilité, tenait le 22 novembre son colloque annuel, sur le thème "Participation et dialogue social: leur évolution et leur avenir, dans quel capitalisme?".

 

Lors de la table ronde, Jean-Paul Betbeze, conseiller du président et du directeur général du Crédit Agricole, estimait que l'indispensable réforme de la société française, sans laquelle nous connaîtrions une crise majeure, passerait par une "courbe en J". Dit vulgairement, cela ira plus mal à court terme pour aller mieux à long terme. Mais la courbe en J sous estime le fait qu'à court terme comme à long terme, il y a des perdants et des gagnants et que ce ne sont pas nécessairement les mêmes dans les deux horizons temporels, nuance Bruno Amable, professeur à Paris X Nanterre, pour qui le problème est fondamentalement politique. On est passé, continue l'universitaire, à un modèle social-démocrate où les managers faisaient alliance avec les salariés contre les actionnaires à un modèle néo-libéral où les managers et les actionnaires se liguent contre les salariés. Il n'y a pas de renversement d'alliance, affirme Léo Apotheke, président de SAP, le seul géant européen du logiciel, le rôle du management est de réconcilier toutes les parties prenantes. Le modèle gagnant, c'est celui de la coopération entre managers, actionnaires et salariés pour satisfaire les clients et la société, ce qu'on appelle le développement durable, affirme un participant. Les groupes sociaux ont des intérêts divergents et ils doivent passer des compromis, persiste à dire Bruno Amable, et ces compromis passés à un certain moment avantagent plus les uns que les autres. L'harmonie générale est une vue de l'esprit.

 

MNA