Rêve de Chine et responsabilité sociale

La RSE telle qu’elle est vue aujourd’hui en Chine a deux origines. La première est locale, mélange du vieux fond confucianiste et des restes du paternalisme d’Etat envers les ouvriers à statut, elle réapparait après des années de capitalisme sauvage excessif et irresponsable. La deuxième est une greffe occidentale, plutôt européenne, théorisée dans l’attention aux parties prenantes. Les deux se conjuguent dans une conception utilitariste de la RSE, qui est vue à la fois comme la manière de réduire les risques, notamment réputationnels, le moyen d’obtenir un permis social d’opérer, et celui d’optimiser la performance globale dans une vision à plus long terme.

Des salariés en retrait

          La littérature économique et la presse se font régulièrement l’écho des problèmes que pose l’absentéisme des travailleurs, notamment du fait de maladie, d’une part aux entreprises qui voient leurs ressources humaines temporairement diminuées, d’autre part aux organismes de protection sociale qui indemnisent les arrêts de travail ; il ne faudrait pas oublier pour autant que c’est tout de même le salarié le premier impacté, et pas seulement financièrement.      Pourquoi les gens s’absentent-ils ? Les différentes études montrent que cela dépend des périodes, des régions, des entreprises et aussi de leurs caractéristiques personnelles (genre, âge, présence de maladie chronique, enfants en bas âge). De tous ces éléments, quels sont les plus signifiants ? Il semble bien que ce soit la nature du travail.

Edito: Participation financière, information consultation et coopération au quotidien

Marie-Noëlle AubergerL’association APL-SAGP, Association pour la Promotion de la Société à Gestion Partagée, s’intéresse à la démocratie dans l’entreprise et se demande pourquoi le citoyen cesse de l’être en passant les portes de l’entreprise et constate que le lien de subordination ligote le salarié d’autant plus étroitement que le mode de management est autoritaire.

Edito: Mesurer pour comprendre, comprendre pour agir

Marie_Noëlle AubergerD’un point de vue macroéconomique comme microéconomique, de plus en plus d’observateurs et d’acteurs considèrent que la simple mesure des flux financiers ne suffit pas à rendre compte de la complexité du monde. Le concept d’empreinte écologique a tenté d’évaluer la consommation des ressources finies de la planète. La Commission sur la mesure des performances économiques et du progrès social dite Commission Stiglitz, a proposé des pistes pour des indicateurs de richesse différents du PIB; ses travaux ont été suivis par ceux du Conseil économique, social et environnemental, notamment l’avis Le Clézio. Au niveau micro, la crise de 2008 a conduit à penser que la comptabilité selon les normes IFRS n’était sans doute pas la meilleure façon de comprendre la réelle valeur de l’entreprise. L’organisation internationale de normalisation (ISO) cherche à élaborer des lignes directrices – il est bien entendu que ce ne seront pas des normes contraignantes – pour rendre opérationnelle la responsabilité sociétale. Commencé en 2004, le guide ISO 26 000 est attendu en 2010.

Edito: Le Père Noël n'est pas passé par Copenhague

Marie-Noëlle AubergerÉchec de la Conférence de Copenhague. Les représentants des Etats n’ont pas réussi à se mettre d’accord sur les efforts à faire par chacun pour tenter de limiter le réchauffement climatique de la planète à deux degrés en moyenne d’ici 2050. Il n’y a pas d’engagement sur des d’objectifs chiffrés assumés et contrôlables.

Édito: Des contradictions à dépasser

Marie-Noëlle AubergerLa RSE a parfois été opposée au dialogue social, les relations avec les parties prenantes internes en contradiction à celles entre parties prenantes internes. Par certaines directions d’entreprises clamant leur amour pour l’intérêt général porté par des organisations non gouvernementales investies d’une mission charitable ou environnementale, antagoniques à des organisations syndicales corporatistes ou à un personnel préoccupé de son seul avenir et du montant du chèque mensuel. Par des élus du personnel qui n’admettent pas que les sous-traitants se plaignent des conséquences sur leur activité des nouveaux horaires de travail dûment négociés. Par des associations de riverains refusant les sites industriels polluants et dangereux, fâchées contre les salariés qui s’obstinent à vouloir y travailler. Etc.

Edito: Des salariés dans la gouvernance

Marie-Noëlle AubergerAprès l'appel d'un groupe d'administrateurs, salariés ou représentant les salariés actionnaires (Missive n°32) en faveur d'une "gouvernance plus démocratique des entreprises", des administrateurs salariés appartenant à d'autres confédérations syndicales tiennent peu ou prou le même discours : face au courtermisme et à la prééminence du financier, facteurs de la crise mondiale, la démocratisation des entreprises est une voie à explorer quand on s'interroge sur la gouvernance des entreprises.

Edito: La décence et la mobilisation

Marie-Noëlle AubergerLa rémunération globale des dirigeants des grandes sociétés – des centaines de SMIC – fait scandale, en France comme aux Etats-Unis, surtout lorsque ces entreprises connaissent des difficultés et sont renflouées par le contribuable. On est aussi choqué, au moins en Europe, par les distributions de dividendes aux actionnaires des entreprises qui ont fait des profits mais s’apprêtent à réduire l’emploi – ou bien l’ont déjà fait. Et les distributions de stocks options à une partie du personnel quand on s’apprête à licencier une autre partie ne sont pas beaucoup plus respectables… Il faudra sans doute, sinon moraliser le capitalisme, au moins introduire plus de décence dans l’économie de marché.