La RSE à l'européenne

EuropeLe Conseil Economique, Social et maintenant de surcroît Ecologique accueillait début septembre au Palais d’Iéna un colloque sur le thème "La responsabilité sociétale des entreprises: un levier de transformation du dialogue social", autour du rapport de l’ORSE de même titre. En tant que présidente de la délégation pour l’Union européenne du Conseil et en raison de son investissement comme rapporteur de deux avis sur la RSE au Comité économique et social européen, Evelyne Pichenot introduisait les débats. Après avoir rappelé qu’une collaboration s’est ouverte entre les deux institutions à propos de la RSE, à l’occasion d’une conférence sous présidence française de l’Union, elle mettait l’accent sur la nécessité du dialogue social pour que la RSE soit une stratégie et non un effet de communication.

 

La RSE à l’européenne

La RSE est la déclinaison au niveau de l’entreprise du concept macro-économique du développement durable. Dans la pratique, il est fréquent que l’initiative de s’engager dans des pratiques RSE provienne du management de l’entreprise; cependant il ne peut y avoir de "bonnes pratiques" qui relèveraient simplement du bon vouloir de la tête de l’entreprise. En effet, la RSE à l’européenne n’est pas une décision philanthropique mais le résultat du dialogue avec les forces vives de l’entreprise à tous les niveaux de la hiérarchie. La pratique de la RSE est véritablement digne de ce nom quand elle est intégrée à la stratégie de l’entreprise.

Le volontariat de l’entreprise appelle un dialogue social sur la responsabilité sociétale. Et l’implication des représentants des travailleurs dans l’entreprise doit se situer lors des trois phases de la mise en œuvre effective de la RSE: bâtir la stratégie en tenant compte des enjeux de développement durable; mettre les moyens nécessaires pour respecter cette stratégie; contrôler l’effectivité des mesures à tous les niveaux de l’entreprise.

A l’échelon européen, la démarche volontaire ou négociée sur les enjeux de la RSE est une étape décisive dans toutes les multinationales qui ont un comité d’entreprise européen. C’est pourquoi les accords cadres internationaux négociés jouent un rôle de promotion de la RSE et du dialogue social dans le monde. La signature des deux partenaires sociaux les engage à rechercher la meilleure application possible dans les relations avec les parties prenantes externes, notamment les sous-traitants et les communautés territoriales.

Il ne faudrait pas que la crise soit un prétexte pour remettre en cause les pratiques RSE; au contraire, elle doit être un accélérateur de la diffusion de pratiques responsables, y compris dans le secteur financier qui en a bien besoin.

Engagement volontaire et dialogue maîtrisé avec les parties prenantes sont indissociables. Mettre la RSE et le développement durable dans le champ du dialogue social et de la négociation constitue la définition du management européen responsable.

Evelyne Pichenot