un roman, pour solde de tout compte

couv Pour solde de tout compte

Pour solde de tout compte, par Cymone

Un « roman de société », premier tome de ce qui devrait être une série sur « les défendeurs » et est préfacé par Édouard Martin.

Une tranche de vie d’un défenseur du personnel CFDT dans les années 1990, à la vie sentimentale aussi agitée que la vie syndicale –comme d’ailleurs la plupart des personnages-.

Des salariés qui prennent leur licenciement en pleine figure, des collègues hypocrites… Et, plus original, l’auteur ne gomme pas les dissensions à l’intérieur des équipes syndicales, y compris le machisme ordinaire et la mentalité de petit chef de certains élus.

 

L’auteur

L’auteur a elle-même connu le chômage et les ennuis de santé. Au chômage, avec deux enfants à charge, elle n’avait au début pas d’autre choix que de retrouver un emploi, quel qu’il soit. Désormais remariée et à la retraite, elle écrit. Elle raconte l’aventure de ces salariés qui, du jour au lendemain, se retrouvent sans rien. Certains s’en sortent, d’autres pas. La vie continue malgré tout.

Elle a publié en 2012 Colopathie party, colopathie partie, et en 2014 Colopathie : c’est psychosomatique ?!.

 

Extrait de la préface :

« Donc, ce système économique qui broie les personnes sans tenir compte de leur âge, de leur sexe ou de leur situation familiale, est le même qui accuse les chômeurs de ne pas vouloir travailler. Celui qui peste contre le coût trop élevé des "charges sociales", qui enrage contre les syndicats. Ben voyons ! C’est bien connu, cette pauvre économie n’en peut plus de tant d’empêcheurs de tourner rondement mieux. Si les syndicats n’existaient pas, ou plus, la vie serait tellement plus paisible pour ces fonds de pension ou autres actionnaires jamais repus. Cela leur ferait de sacrées économies. Finies les actions en justice, terminées les indemnités "scandaleuses" versées à ces chômeurs. Beaucoup ont entendu ces appels de détresse du monde de la finance. Ils ont modifié les lois, les ont triturées, ont cassé le code du travail et les conventions collectives pour rendre le pays plus "sexy" économiquement parlant. Comme si la vie de millions de personnes n’était qu’une variable de satisfaction pécuniaire. »

 

Extraits du roman :

« Violaine, la jeune secrétaire de filiale, pivota sur son siège et tous les projecteurs se braquèrent sur elle, tandis qu’elle entamait un discours de circonstance, la voix voilée, la main sur le coeur, le regard triste :

– Vois-tu Elsa, pendant cette épreuve infligée par la crise économique que tu connais, nous n’avons cessé de penser à toi. Et tout en pensant à toi, nous nous disions que tu avais suffisamment de talents et de savoir-faire pour t’en sortir et retrouver rapidement un emploi. Nous savons que tu as la capacité de rebondir très vite et que dans quelque temps, ce licenciement ne sera plus qu’un mauvais souvenir pour toi. Nous croisons les doigts pour que la chance te sourie à nouveau.

"Fin de la tirade ; fermez les guillemets" pensait ironiquement Elsa qui, un instant, s’était crue au théâtre, face à une actrice jouant une tragédie en solo.

Les lèvres tremblantes, Elsa prononça vivement un "merci de politesse" en se disant que dans ce drame, le premier rôle c’est elle qui le tenait réellement !

Puis s’ensuivit un silence glacial qui fut rapidement interrompu par le chant des petites cuillères tournoyant gaiement dans les tasses à café. Violaine-l’hypocrite, ayant fini son baratin, pivota à nouveau sur son siège ; la vie reprenait son cours. »

----------------------------

« Ses angoisses revenaient sans cesse, comme un mauvais rêve qu’elle essayait de chasser en permanence. Elle faisait et refaisait ses comptes dans sa tête, elle n’était pas encore dans le rouge, mais quand elle passerait sous la barre du zéro, la banque ne lui ferait pas de cadeau ! Avant avec son emploi, si elle arrivait chaque mois à joindre péniblement les deux bouts, elle y arrivait quand même ! Désormais, ce serait impossible ; elle allait s’enfoncer dans un gouffre financier sans fond. Sans compter qu’elle pouvait aussi sombrer dans une grave dépression.

Tout en ruminant ses déboires, elle constatait que la déprime commençait à s’installer.

– Maman ! cria soudain Aurore.

Elsa sortit précipitamment de sa torpeur en se disant : "Chaque chose en son temps. À commencer par les vacances et le feu d’artifice ! ".»

-----------------------------

« David était consterné. Sans le savoir, il avait jeté le trouble dans cette équipe de syndicalistes qu’il désirait justement voir plus soudés, plus unis dans l’adversité face à la direction. Il était justement là pour ça, "car l’union fait la force."

– Écoutez dit-il, on ne va pas polémiquer. Si je suis là aujourd’hui, c’est justement pour éviter les conflits au sein de votre propre équipe. Nous pourrions rapidement donner un rôle à chacun d’entre vous et qu’il y trouve son compte. Il nous faut une meilleure organisation et donner peut-être plus de responsabilités à ceux qui le désirent. Qu’en penses-tu, André ?

– Je suis tout à fait d’accord avec toi, lui répondit-il. Mais avec les filles, c’est jamais simple. Elles interprètent à leur façon sans se poser les bonnes questions.

– OK André, je suis convaincu de tes bonnes intentions, répondit David, pour le moins sceptique. Cependant une règle est essentielle, il faut rester vigilant face à la direction qui divise souvent pour mieux régner. »

------------------------------

« Allez ouste, au boulot dit David qui sortit de son sac le Code du travail et un bloc de papier. Commençons la rédaction de vos revendications, d’autant plus que les Négociations Annuelles Obligatoires vont arriver très vite.

André, en tant que DS, tu notes nos réclamations s’il te plait ?

– Y a des filles, elles sont là pour ça. Je ne suis pas secrétaire, moi.

– OK dit Jeanine, c’est moi qui m’y colle une fois de plus !

David proposa. Jeanine nota et ratura selon les commentaires des uns et des autres. Ils étaient enfin tous tombés d’accord, le tract était terminé. Même André le plus contestataire avait fini par accepter toutes les revendications. »

-------------------------------

https://www.decitre.fr/ebooks/pour-solde-de-tout-compte-les-defenseurs-tome-1-livre-preface-par-lancien-depute-europeen-edouard-9782414471690_9782414471690_2.html

Format Kindle 4,99 € - Broché 21,00 €