Prime Covid: paroles syndicales

Soumis par mna le 11/03/2021 - 19:18

Prime Covid: paroles syndicales

Sous le titre « Le mépris persiste et prime ! », la Fédération Santé et Action sociale CGT s’élève contre le caractère non universel de cette prime « L’application concrète de ce texte pour les personnels dans les établissements va être une vraie usine à gaz au vu des multiples conditions pour y prétendre. Cela va écarter de fait une grande partie des professionnel.le.s mobilisé.e.s depuis le début de la gestion de la pandémie, qui au passage n’est pas encore finie. ». La CGT fonction publique qualifie ce dispositif de « véritable usine à gaz » et critique son existence même : « pour la CGT, même s’il ne s’agit pas de prétendre que ces sommes sont négligeables pour les salarié.es, cette prime qui va susciter des inégalités et des pratiques clientélistes, est loin de constituer la réponse urgente et attendue par les personnels : un dégel de la valeur du point d’indice et la juste reconnaissance salariale de l’engagement et des qualifications des personnels, la revalorisation des carrières notamment à prédominance féminine et des moyens pour l’hôpital public. »

Sur son site confédéral, FO revendique une prime pour les salariés de tous les secteurs et une augmentation de salaire pour « ceux qui occupent des emplois essentiels (hospitaliers, Ehpad, caissières, services à la personne, nettoyage, chauffeurs-livreurs...) » et regrette que la prime ne soit pas identique pour tous les hospitaliers largo sensu « Pour le personnel hospitalier, les heures supplémentaires effectuées à l’hôpital pendant la crise sanitaire sont majorées de 50% Les agents travaillant dans les établissements publics de santé percevront, selon leur niveau d’exposition au Covid-19 et la zone géographique, une prime d’un montant allant de 500 à 1500 euros. Elle sera versée en mai ou juin. La Fédération des personnels des services publics et des services de santé FO déplore que la prime, décidée sans négociations préalables avec les syndicats, ne soit pas identique pour tous à hauteur minimale de 1 500 €, et que des critères de présence et géographiques conduisent à des injustices et de l’iniquité entre les agents. »

La fédération des services de santé et des services sociaux CFDT regrette que la prime soit « à deux vitesses ». Pour la secrétaire générale de cette fédération, Ève Rescanières, « C’est une usine à gaz, génératrice d’inégalités et de frustrations qui est en train de voir le jour. » et « C’est une belle occasion de mettre en œuvre un dispositif simple et clair qui s’envole. ». Pour elle, il aurait fallu que le montant de la prime soit de 1500 euros pour tous dès lors que les établissements étaient en fonctionnement durant la période de crise. La fédération CFDT considère que cette prime devrait être attribuée sans distinction aux professionnels des EHPAD, de l’aide à domicile, du secteur social et médico-social. Afin d’impliquer les dirigeants des cliniques privées lucratives, la CFDT Santé-Sociaux propose que cette prime soit assumée à 50 % par les établissements et assortie à plusieurs conditions : non-versement de dividende en 2020, recours ou non à l’activité partielle.

Quelques chiffres sur les élections dans la fonction publique hospitalière en 2018: avec une participation de 44%, la CGT recueille 31% des suffrages, FO 25% et la CFDT 24%, plus de huit autres organisations syndicales se partageant les 20% restants.

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M86 mai 2020