Le permamanagement de Frédéric Demarquet

Le permamanagement de Frédéric Demarquet

 

C’est dans une approche systémique que Frédéric Démarquet travaille sur le management et la formation.

Il a fondé le cabinet Systémiques Intégratives Institut qui intervient sur l’accompagnement des personnes, dans les cadres professionnel et privé, et des organisations. Son ouvrage sur le permamanagement va paraître dans quelques mois.

 

Après une première partie de vie professionnelle exclusivement parisienne, Frédéric Demarquet a décidé de partager son temps entre la capitale et la Normandie où il a acheté une maison avec un grand jardin. Il s’est mis, après avoir rencontré des maraîchers locaux, à planter un potager selon les principes de la permaculture. C’est là que l’idée d’appliquer la philosophie de la permaculture au management lui est venue. « Le permamanagement, c’est "Euréka dans mon jardin" », dit-il avec le sourire. Il se sert désormais de ce concept dans l’accompagnement des entreprises. « Cela rend le système plus abordable, en procédant par analogie, l’humain est le terreau », explique-t-il.

En intervenant comme consultant et coach dans de nombreuses entreprises, Frédéric Demarquet a constaté beaucoup de souffrance au travail. Souvent, ce n’était pas sur ce sujet qu’il était missionné mais il l’a rencontré. Et en seize ans, il a constaté que la proportion de personnes en mal-être dans l’entreprise était passée de une sur dix à quatre sur cinq. Beaucoup de personnes sont soumises à une double contrainte - des objectifs imposés et des moyens insuffisants pour les réaliser – ce qui les conduit à l’épuisement physique et émotionnel. Ces entreprises qui cherchent du rendement en épuisant la ressource humaine ne voient pas que le résultat final – rendement ou qualité - sera supérieur si l’humain – le terreau – est nourri et non épuisé.

La permaculture obtient des rendements quintuples ou décuples de l’agriculture chimique. Il peut en être de même en entreprise mais il faut qu’il y ait une cohérence du système, entre le micro-management, celui de l’humain, et le macro-management, celui de l’organisation. Souvent les actions n’ont pas d’effet parce qu’elles manquent de cohérence.

Cette cohérence est difficile à obtenir dans les grandes entreprises dotées d’un actionnariat qui a tendance à pressurer les humains et à les remplacer lorsqu’ils sont épuisés. Néanmoins, cette politique peut se retourner contre l’entreprise. « J’ai rencontré des organisations qui n’arrivaient plus à recruter car chacun savait qu’il ne faisait pas bon y vivre. », affirme l’intervenant.

Contrairement à nombre de ses collègues, Frédéric Demarquet pense que les organisations salariales et les institutions représentatives du personnel ont "un rôle énorme" à jouer dans l’entreprise. Le dialogue social a parfois perdu son sens et son essence, dans un jeu de pouvoir qui sert certains et en dessert d’autres, mais il peut créer quelque chose d’écologique dans l’entreprise.

Dans les PME, il est plus facile de mener une écologie de l’humain et un développement durable de l’entreprise, ce qui permet d’obtenir à la fois des gains de productivité et la réponse aux besoins individuels. Le management peut très vite infantiliser, c’est quelque chose qu’il faut éviter, il convient au contraire de responsabiliser les gens et leur permettre de s’épanouir, afin que chacun trouve le sens de son propre travail. L’important est que chacun, entreprise et salarié, y gagne.

Le permamanager doit observer comment les choses fonctionnent et s’inspirer de ce qui marche bien, et ainsi mener un pilotage respectueux, qui donne à chacun sa place dans l’organisation et le valorise.

∞∞∞∞∞∞∞∞∞∞∞∞∞∞∞∞∞∞∞∞∞∞∞∞∞∞∞∞∞∞∞∞∞∞∞∞∞∞∞∞∞∞∞∞∞∞∞∞∞∞∞