Le permaentreprenariat de Grainette

 

Le permaentreprenariat de Grainette

 

Alertés par le déclin des insectes polinisateurs, deux ingénieurs, Hugo Rivier et Thomas Balana, se sont reconvertis "par passion" dans l’entreprenariat vert et solidaire. Grainette fabrique des "bombes à graines", c’est-à-dire des capsules végétales contenant des graines de fleurs qu’il suffit de lancer sur un coin de terre… et de laisser le soleil et la pluie fabriquer de la ressource alimentaire pour les abeilles. Ils se réfèrent au permaentreprenariat, un système économe, résilient et respectueux des écosystèmes voisins.

 

« Le permaentreprenariat, c’est une entreprise souhaitable et durable, qui combine les notions d’économie et d’impact minimal. Il s’agit de chercher un impact bénéfique, socialement et écologiquement », explique Hugo, qui ajoute « et pour commencer, il faut s’appliquer à soi-même les valeurs que l’on préconise ». Ce qu’ils font.

 

Non seulement leur produit se veut "une solution pour la biodiversité" mais tout le processus économique suit le plus possible les principes dont l’entreprise se prévaut. Ils cherchent que leur activité ait le moindre impact possible sur l’environnement, ce qui implique de ne pas utiliser de plastique, de bannir les encres polluantes qui compliquent le recyclage des cartons, d’aller vers les emballages compostables.

Mais il n’y a pas que l’environnement. Les bombes à graines sont fabriquées dans un ESAT (Établissement et Service d’Aide par le Travail) et les deux entrepreneurs, sensibilisés à la question du handicap mental, ne veulent pas cantonner les personnes qui travaillent dans cet ESAT aux tâches répétitives et sans grand intérêt qui leur sont le plus souvent dévolues par les clients que personne ne connait. Hugo a son bureau sur le site de l’ESAT et travaille au quotidien avec les salariés ; « être reconnus les conduit à déployer une énergie que l’on rencontre assez rarement dans une entreprise ordinaire » explique-t-il.

Les trois types de clients sont des mairies, des entreprises qui donnent les bombes à graines comme objet promotionnel siglé en lieu et place des "goodies" importés de Chine et, depuis peu, les particuliers via Internet.

Comme la permaculture s’oppose à l’agriculture intensive, le parmaentreprenariat s’oppose à l’arrogance consumériste, à la recherche du profit à court terme, à l’invention de choses auxquelles on tente ensuite de trouver une utilité, « c’est une attitude d’observation, d’humilité, qui cherche à diminuer autant que faire se peut les impacts négatifs, sans chercher à forcer les choses, en recherchant des organisations harmonieuses entre les ressources environnementales et humaines. »

 

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