La RSE au Maghreb

Les travaux de l’université d’été de l’association ACMACO fin juillet à Tunis ont permis à des représentants du monde syndical, associatif et académique de débattre de la responsabilité sociale des entreprises implantées au Maghreb, et principalement en Tunisie, en Algérie et au Maroc. Le professeur Sbaa a dressé un bilan de la prise en charge de cette thématique dans chacun des pays, à partir d’une étude réalisée au premier semestre 2007. Cette étude a mis en évidence quelques points clés, comme la forte disparité dans la prise en charge entre les pays, le fait d’une préoccupation des grandes entreprises avant tout, soucieuses de leur image, et d’un objectif de maîtrise de risque de réputation plus que un principe d’action, tant l’écart entre le discours et les actes reste important.

 

Jean-Paul Bouchet, au nom de la CFDT Cadres a mis l’accent sur la prise en compte des questions de RSE, de développement durable et de responsabilité sociale des cadres dans les programmes de formation initiale et continue. Les changements de modèles, de comportements, passeront inévitablement par l’éducation, la formation, y compris celle de futurs décideurs. Ces thématiques commencent à émerger dans les programmes de formation dans les universités et écoles supérieures au Maghreb.

 

Les réseaux syndicaux de part et d’autre de la Méditerranée dialoguent encore peu sur ces thèmes. Pour que la RSE ne soit pas seulement une affaire des pays du Nord, il est important que les questions de délocalisation et de sous-traitance soient portées par les équipes syndicales des entreprises européennes, en lien étroit avec les équipes syndicales de la rive sud de la Méditerranée, afin que s’exerce un réel contrôle social des engagements pris par ces entreprises dans le cadre des accords cadres internationaux (ACI).

 

"Il appartient aux acteurs de la Rive Sud d’inventer leur modèle de responsabilité sociale des entreprises, de concevoir leur propre modèle de développement durable, soutenable", tels furent les mots de la conclusion de ce temps de travail.

 

Jean-Paul Bouchet