Edito: Des salariés dans la gouvernance

Marie-Noëlle AubergerAprès l'appel d'un groupe d'administrateurs, salariés ou représentant les salariés actionnaires (Missive n°32) en faveur d'une "gouvernance plus démocratique des entreprises", des administrateurs salariés appartenant à d'autres confédérations syndicales tiennent peu ou prou le même discours : face au courtermisme et à la prééminence du financier, facteurs de la crise mondiale, la démocratisation des entreprises est une voie à explorer quand on s'interroge sur la gouvernance des entreprises.

 

Un ouvrage récent, que nous avons eu l'honneur de codiriger, tente de faire le point de la question. Alors qu'acteurs et observateurs du social sont familiers des modalités d'information-consultation des salariés, la participation des travailleurs à la gestion est méconnue quand elle passe par leur présence avec voix délibérative dans les conseils d'administration ou de surveillance. Pourtant, ces administrateurs salariés existent, et pas seulement dans les entreprises publiques, et pas seulement en France. Même si on ne va pas en France jusqu'à la codétermination de la grande industrie allemande, les administrateurs salariés ne sont pas des potiches. Ni "super-délégués", ni observateurs passifs, ni courtisans complaisants, ils peuvent acquérir une réelle capacité d'influence. À l'heure où l'économie mondialisée est entrée dans une crise que beaucoup s'accordent à qualifier de systémique et où le gouvernement d'entreprise fait débat, il convient de se demander si la présence renforcée d'administrateurs salariés ne contribuerait pas à la meilleure prise en compte par les entreprises de leur responsabilité sociétale. Nous parlerons aussi dans ce numéro de commerce équitable et du bien précieux qu'est l'eau. Dans un cas comme dans l'autre la question des démarches respectives de l'Etat, du secteur privé lucratif et des associations se pose, ainsi que celle de la nature de leur action.

 

Marie-Noëlle Auberger