Edito: Le bruit sur la Toile

Marie-Noëlle AubergerPas d'éditorial pensé cette fois-ci, simplement quelques matières à réflexion après une série de requêtes sur un célèbre moteur de recherche.

 

Si on tape "développement durable" on a accès à environ 2 200 000 pages. "Développement durable" et "changement climatique" sont le plus souvent associés puisque 1 850 000 pages contiennent les deux termes ("changement climatique" seul atteint 1 940 000 pages).

 

Le fait que 130 000 pages seulement réunissent "développement durable" et "responsabilité sociale des entreprises" montre que le pilier environnementaliste du développement durable est largement privilégié par rapport au pilier social - sociétal dans la communication mondiale.

 

L'aspect territorial du développement durable fait un carton avec les 3 240 000 pages pour "Agenda 21". Il est vrai que cette expression est un terme anglophone mais si on ne prend que les pages francophones, on reste à un score plus qu'honorable de 1 200 000 pages. Mais la déclinaison microéconomique du développement durable fait nettement moins recette: "responsabilité sociale des entreprises" donne 275 000 pages (51 800 pages pour "responsabilité sociétale des entreprises") et "Investissement socialement responsable" 191 000 pages. Les financiers sont logiquement un peu moins présents que les entreprises en général.

 

Voyons donc l'épargne, justement. Si le terme seul fait 6 700 000 pages et "épargne salariale" 700 000, "épargne responsable" fait un flop à 831 pages, derrière "épargne éthique" à 965 pages mais "épargne solidaire" fait bonne figure à 123 000 pages.
Le mot "commerce" est présent sur 334 millions de pages sur la Toile toutes langues confondues et sur 12,4 millions de pages francophones. 1,9 million de pages parlent de "commerce équitable", 85 500 de "commerce éthique" et 16 600 de "commerce responsable". Le commerce éthique fait, au moins en termes de "bruit", 15% du commerce: ce n'est pas encore le cas dans les rayons des magasins.

 

Et le syndicalisme? Seul, il monte à 1 700 000 mais sur la Toile il n'est guère "responsable" (468 pages) ni "solidaire" (375 pages).
Pendant qu'on est dans les parties prenantes internes, voyons "dialogue social": 1 290 000 pages. Les parties prenantes externes présentes sur le territoire ont moins de visibilité: "dialogue sociétal" ne fait que 626 pages, "dialogue social territorial" 742 et "dialogue sociétal territorial" 9 en tout et pour tout.

 

Pour terminer sur un sourire, sachez que, même fin juillet, "travail" bat "congés" par 12,3 à 2,3 millions de pages.

Marie-Noëlle Auberger