Edito: une société de consommation responsable?

Con-sot-mateur: les murs d'un certain mois de mai définissaient le consommateur comme doublement bête et voyeur. Une génération plus tard, le vocabulaire a évolué, le thème de la consommation responsable prolonge le refus du "consomme et tais-toi". Les campagnes comme De l'éthique sur l'étiquette et le développement du commerce équitable cherchent à faire du consommateur un acteur du développement durable, comme la RSE le fait du producteur, l'ISR de l'épargnant et l'Agenda 21 du citoyen.

 

 

Le mouvements de consommateurs peuvent s'attacher à obtenir le meilleur rapport qualité prix pour les produits ou prestations ou au delà élargir la question pour s'attacher à la qualité sociétale - sociale, écologique, politique - des dits produits et prestations. Tourisme, industrie de consommation, épargne personnelle sont entre autres trois secteurs dans lesquels le consommateur peut effectuer des choix, consuméristes et/ou solidaires.

 

Le caractère responsable d'un produit peut être un argument de différenciation marketing. On va proposer du "responsable" au client qui en demande et du "non responsable" à celui qui n'en demande pas, évidement le plus nombreux. L'entreprise s'adresse alors à un consommateur d'un certain type dans une logique de niche, pour l'ensemble de ses produits ou, le plus souvent, pour certains d'entre eux.

 

La société dans son ensemble pourra être qualifiée de responsable quand les principes du développement durable ne seront plus proposés simplement aux intellectuels urbains se réclamant d'être citoyens du monde mais à l'ensemble de la population, y compris à ceux qui cherchent le produit le moins cher et les loisirs les plus distrayants.

 

Ce n'est certainement pas pour demain. Pour autant, cela n'empêche pas d'essayer.

 

Marie-Noëlle Auberger