Gouvernement d'entreprise et comité Théodule

Un ouvrage et un colloque consacrés au gouvernement d’entreprise (dit aussi gouvernance) en ce début d’automne. L’ouvrage est un Que-sais-je? dû à Pierre-Yves Gomez, le colloque est organisé le 3 octobre par l’Observatoire des Cadres. La gouvernance d’entreprise, d’une part ; le comité des parties prenantes, de l’autre.  

Pierre-Yves Gomez, économiste et professeur de stratégie à l’École de management de Lyon, après avoir défini, ce qui est loin d’être inutile, tant la gouvernance que l’entreprise, rappelle les trois pouvoirs qui constituent la gouvernance – souverain, exécutif, de surveillance – et détaille les sept régimes de gouvernement : la polyarchie ou démocratie entrepreneuriale, l’anarchie entrepreneuriale, l’autocratie ouverte ou fermée, l’oligarchie actionnariale, managériale ou celles des conseillers. Soulignant ensuite la diversité des parties prenantes détenant le pouvoir de surveillance, Pierre-Yves Gomez parle des salariés, actionnaires ou pas, et des administrateurs indépendants, mais ne cite pas les parties prenantes externes.

C’est à l’inverse à l’expression de ces parties prenantes externes que s’intéresse l’Observatoire des Cadres. Le comité des parties prenantes existe dans quelques sociétés françaises, et l’OdC s’interroge : est-il utile ou n’est-ce qu’un « comité Théodule » ? Le séminaire du 3 octobre à Paris, avec Mélanie Czenik (Orse), Eric Le Corre (Michelin), Kevin Levillain (École des Mines), Jean-Paul Bouchet et Sylvie Joseph (OdC), tentera de répondre à la question.

« On définit la gouvernance d’entreprise comme le moyen de légitimer ceux qui, dans l’entreprise, ont le droit d’en orienter l’activité et la stratégie.
Or, toute gouvernance repose sur trois grands pouvoirs : le pouvoir souverain, le pouvoir exécutif, le pouvoir de surveillance. De l’articulation de ces trois pouvoirs dépendent des « régimes de gouvernance » qui sont comme autant de « régimes » en politique. Par quelle fiction légale l’actionnaire est-il souverain ? Les salariés doivent-ils participer à l’exécutif ? Comment être un bon chef d’entreprise ?
Derrière une apparente question technique, Pierre-Yves Gomez met au jour en quoi la manière dont s’établit la gouvernance dans une entreprise détermine en réalité – et ce, bien au-delà de la vie des affaires – une large part des décisions économiques et politiques de notre époque
. » (Que sais-je?)
 
 « Plusieurs entreprises ont mis en place des comités des parties prenantes qui fournissent aux acteurs de l’entreprise une vision complémentaire de ses activités. Ce comité des parties prenantes pourrait être un lieu de confrontation concret de la dimension professionnelle et sociétale de l’entreprise. À condition de sortir d’un discours politique trop général sur la gouvernance de l’entreprise et de s’interroger sur la mise en œuvre de ce comité des parties prenantes. » (Observatoire des Cadres)