Dans la bibliothèque: Les nouveaux enjeux de la négociation sociale internationale

Les accords cadres internationaux sont signés entre la direction d'une entreprise multinationale et une fédération européenne ou internationale sectorielle, parfois contresignés par les organisations syndicales du pays du siège, le comité d'entreprise européen, voire avec la présence à titre de témoin de l'Organisation internationale du travail. Les ACI sont principalement le fait de multinationales d'origine européenne mais certaines sociétés extra communautaires s'y mettent. Plus nombreux depuis 2002, les ACI explicitent de plus en plus des préoccupations de RSE.

 

L'ouvrage sous la direction de Bernard Saincy et de Michèle Descolonges présente ces ACI sous différentes facettes, avec un certain optimisme.

 

Pour autant, ces ACI, pour sympathiques qu'ils soient, sont relativement peu opérationnels. Et malgré le titre de l'ouvrage, ils ne sont qu'une part de la négociation sociale internationale, qui comprend aussi les accords de branche au niveau international (par exemple la convention de l'OIT sur les gens de mer) ou européen (par exemple l'accord dans l'industrie sucrière) et quelques rares accords interprofessionnels européens (dont celui sur le télétravail).

 

Ajoutons qu'un point de détail surprendra les connaisseurs du syndicalisme européen: Michèle Descolonges écrit page 156: "affiliée à Eurocadres, la CFE-CGC est également signataire à trois reprises" alors qu'il existe un simple comité de liaison entre Eurocadres, qui regroupe les cadres des organisations syndicales de la Confédération européenne des syndicats (en France, CFDT, CGT, FO et CFTC) et la Confédération européenne des cadres, maigre rassemblement d'organisations catégorielles (en France, CFE-CGC) qui se placent en dehors du mouvement syndical mondial.

 

MNA

 

Sous la direction de Michèle Descolonges et Bernard Saincy, collection Entreprise et société, La Découverte, 2006