Femmes administrateurs

 

 Edito

La loi française impose désormais une proportion minimale de 40% (20% dans un premier temps) d’administrateurs de chaque sexe dans les conseils d’administration ou de surveillance des sociétés ayant leur siège en France. De fait, les entreprises sont obligées de chercher des femmes pour tenir ce mandat.

 Cet impératif légal prend place dans un mouvement qui affecte la gouvernance des sociétés, qui a beaucoup changé ces dernières années, y compris sous l’influence des groupes étrangers, mais aussi par des modifications législatives et par l’action de l’Institut Français des administrateurs, créé en 2003 par Daniel Lebègue. On est passé d’un conseil formé par les camarades de promotion du président à un conseil plus varié, avec des administrateurs indépendants, des étrangers, des femmes, et parfois des administrateurs salariés.

 Le colloque du 6 mars 2014, organisé dans les locaux de l’Assemblée nationale sous le patronale de Marie-Jo Zimmemann a bien fait apparaître qu’un vivier de femmes compétentes et disposées à être administratrices indépendantes existe et s’étend, vivier dans lequel les entreprises peuvent puiser. Les dispositions obligatoires permettent un rajeunissement et une professionnalisation des administrateurs, car en général les femmes ne pensent pas avoir la science infuse et cherchent à se former, ce que l’IFA permet de faire.

Lorsqu’une femme est seule de son genre dans un conseil, elle a beaucoup de mal à exister ; quand elles sont trois ou quatre, cela va mieux ; la parité ou quelque chose qui s’en approche permet un véritable épanouissement des talents divers. Halte au clonage, halte à la sur-adaptation, vive la diversité, des genres, des
âges, des nationalités, nous ont dit tous les participants à ce colloque.
La plupart des arguments et les conseils donnés ce soir-là pourraient servir à d’autres : il suffit de remplacer «administratrice» par «administrateur salarié», par exemple…