Économie de la RSE et politiques publiques

Les études académiques sur la RSE sont surtout l'oeuvre de spécialistes des sciences de gestion, et des économistes de Mines Paris Tech entendent apporter au débat "une perspective différente autour du postulat de rationalité intéressée des acteurs".

Ainsi donc un document intitulé « Économie de la Responsabilité Sociétale de l’Entreprise et politiques publiques » préparé par Pierre Fleckinger de l’Université de Paris 1 et de l’École d’Économie de Paris, Matthieu Glachant et Gabrielle Moineville du CERNA à MINES ParisTech est-il publié en mars 2015 par Mines Paris Tech, avec le soutien de l’Institut CDC pour la Recherche, Caisse des Dépôts. 

Fleckinger, Glachant et Moineville "constatent" que la RSE crée de la valeur économique pour les entreprises qui la pratiquent mais ne dégage pas forcèment des bénéfices sociaux et environnementaux. Cette situation alimente les soupçons de greenwashing et représente "un danger mortel pour la RSE" car le succès de celle-ci est basé sur la confiance des "acheteurs de RSE", notamment des salariés. 

Tous les observateurs, fussent-ils économistes, ne considéreront pas qu'il est avéré que la RSE est profitable pour l'entreprise et pas pour les parties prenantes. 

Les entreprises les moins performantes n'ayant pas d'incitation suffisante à communiquer, il est pour les auteurs de Mines Paris Tech indispensable d'éditer des obligations de reporting. Cependant, comme l'information contenue dans les rapports, "complexe et abondante", est "inutilisable" telle quelle et que la prolifération de labels concurrents est source de confusion, ils proposent que la puissance publique organise le secteur, par "l'accréditation des labellisateurs", tout en évitant d'augmenter le désordre en lançant ses propres labels. L'industrie de la notation RSE, "second outil de simplification de la communication RSE" se concentre et passe sous l'influence des acteurs traditionnels de l'information financière, les auteurs considèrent comme nécessaire que les agences continuent à être rémunérés par les utilisateurs de l'information et non par les émetteurs de celle-ci. 

Sur ce point, nous pouvons être d'accord. 

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Pour en savoir plus, s’adresser à Matthieu GLACHANT, CERNA, MINES ParisTech.