Comprendre les comptes du CSE

 

La création du CSE complique la tâche des représentants du personnel, les dirigeants des entreprises considèrent que la gestion est leur domaine réservé et que les salariés sont de simples exécutants, l’investisseur financier est désormais roi, des grandes entreprises profitent de la crise du Covid-19 pour accélérer des restructurations décidées de longue date. Heureusement, tel que se présente l’ouvrage, il va faciliter la tâche des représentants du personnel en désacralisant les tableaux chiffrés issus de la comptabilité et de l’analyse financière par une approche pédagogique tout en précisant les enjeux et explicitant les circonstances dans lesquelles le CSE sera amené à s’intéresser aux comptes de l’entreprise. L’un des auteurs met en avant sa longue expérience avec Jean-Baptiste Doumeng, l’autre ses conseils lors des conflits Fralib et Pilpa, l’association 1901 référencée pour la formation des élus est située 261 rue de Paris à Montreuil. C’est dire que les auteurs sont proches de la plus ancienne (1895) centrale syndicale française, plus précisément de la branche majoritaire de la scission de 1947.

Trêve d’ironie, le bouquin est techniquement bien fait et sera très utile aux élus de CSE, quelle que soit leur obédience syndicale.

Deux extraits.

« Il est faux de croire que l’on peut "faire dire n’importe quoi aux chiffres". Dès lors que leur fiabilité est établie par les commissaires aux comptes, des données chiffrées permettent au contraire au CSE d’objectiver le débat avec l’employeur :

- En l’absence de chiffres, une discussion sur le fait de savoir si l’activité est en hausse, ou pas, est stérile.

- Par contre, le débat monte d’un cran si les comptes indiquent que les ventes baissent de 4,7 %. La question devient : pourquoi une telle baisse ?

Si l’on ne peut pas faire dire n’importe quoi aux chiffres, par contre l’interprétation de leur évolution peut laisser place à la subjectivité, voire à la manipulation. C’est justement pour cette raison qu’il faut s’y intéresser : mieux appréhender l’analyse économique et financière donne le moyen de produire de bonnes interprétations et de déjouer les mauvaises. »

 

« Un point crucial pour le CSE : l’analyse des charges. Pour des raisons évidentes, certaines charges sont au centre de la réflexion du comité : frais de personnel interne ou extérieur (intérim, personnel détaché), sous-traitance. Mais les autres charges sont également d’un intérêt immédiat : mieux maîtriser leur évolution représente un potentiel d’économies alternatives quand les dirigeants considèrent que la réduction des frais de personnel est l’unique solution pour renforcer les résultats. Dans ce cadre, les élus seront particulièrement vigilants sur :

- Les dépenses mal gérées ou d’une efficacité douteuse.

- Les dépenses régaliennes : missions, réceptions, dons, véhicules de fonction, séminaires, cotisations patronales, etc.

- Les prélèvements des actionnaires : redevances, prestations juridiques, loyers, frais financiers facturés, etc.

- L’impact des dysfonctionnements et faiblesses organisationnelles : impayés dus à des défaillances de l’entreprise, pénalités de retard, rebuts, etc. »

 

Comprendre les comptes du CSE, Olivier Sévéon - Jérôme Szlifke, GERESO

 

Les éditions GERESO : https://www.gereso.com/