Notation et distinction

Début octobre, deux annonces ont eu lieu concernant la RSE ou un de ses aspects, à savoir les Trophées de l’entreprise responsable et le baromètre « Politique achat papier ».

 Trophées de l’entreprise responsable

 Le magazine L’Expansion et l’assureur AXA organisent depuis 2014 Les « Trophées de l’entreprise responsable », destinés aux entreprises responsables qui ont envie de le faire savoir et de se valoriser ainsi.

Sous la présidence d’un académicien (Éric Orsenna), le jury est composé d’« experts du monde de l’entreprise », à savoir des dirigeants ou directeurs, un journaliste de la presse économique, la fondatrice d’un cabinet de conseil, bref des personnes très au fait de la RSE entrepreneuriale, mais ne compte ni universitaire, ni membre d’association de ce qu’il est convenu d’appeler la « société civile », ni même de secrétaire de comité d’entreprise impliqué dans la RSE. Parce que l’entreprise, ce n’est pas seulement la direction, c’est aussi les salariés et leurs représentants. Rappelons l’article 5 du préambule de la Constitution de 1946, qui fait partie du bloc constitutionnel, « Tout travailleur participe, par l'intermédiaire de ses délégués, à la détermination collective des conditions de travail ainsi qu'à la gestion des entreprises. » Á la gestion et donc à la RSE, peut-on penser en 2016, maintenant que les entreprises qui se réclament ce concept disent l’avoir intégré dans leur stratégie.

Cette année, les entreprises distinguées sont pour chacun des catégories: Trophée global Paprec (traitement des déchets) ; Coup de cœur du jury Patismatique (distributeurs automatiques) ; Environnement Armor (production de films photovoltaïques) ; Initiative pour la Cité Barjane (investisseur immobilier) ; Prévention des risques routiers Smef Azur (climatisation) ; Ressources humaines Posson Packaging (impression) : TPE et Start-up Infotrafic (information).

 Entreprises papivores

 Le WWF France et Riposte Verte, sous mécénat de Paprec, (que l’on retrouve…) ont évalué la politique achat papier de 53 grandes entreprises françaises, sous le nom de Baromètre PAP50. Seules 22 d’entre elles ont répondu de façon complète et certaines d’entre elles « présentent de performances à la hauteur », à savoir La Française des Jeux, Yves Rocher, Engie, Carrefour, La Poste. D’autres, mal notées en 2010, ont progressé depuis. Mais certaines entreprises présentant de forts impacts sur les écosystèmes, notamment par leurs approvisionnements en papier et pâte à papier, sont « suspicieusement silencieuses sur leurs performances », il s’agit de Casino, Leclercq, Système U, Danone, Lactalis, Sodiaal, Savencia.

 La différence entre les modes

 Le champ d’investigation n’est pas le même, six des sept trophées portent sur un point particulier, il en est de même du baromètre.

Les deux modes de désignation sont assez différents : dans un cas, l’entreprise est distinguée par ses pairs, dans l’autre, elle est évaluée par une association et un cabinet conseil coopératif, dans les deux, c’est une entreprise qui finance (Axa d’une part, Paprec de l’autre).

Mais surtout la différence réside dans le mode de sélection : des entreprises de taille diverse concourent aux Trophées, déposent leur dossier, communiquent ensuite ; des grands groupes sont interrogés par le Baromètre PAP50, ils répondent complétement, brièvement ou pas du tout, et les auteurs de l’étude distribuent bons et mauvais points.

Deux sentiers dans le monde touffu, compliqué et déchiré de la RSE.

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