Édito : Qu’est-ce que l’entreprise ?

« Entreprise » : au sens premier, c’est « l’action d’entreprendre, de commencer une action », « ce que l’on met à exécution » ; mais c’est au sens économique une « entité économique de production », « la plus petite combinaison d'unités légales qui constitue une unité organisationnelle de production de biens et de services jouissant d'une certaine autonomie de décision, notamment pour l'affectation de ses ressources courantes» (INSEE). Notons que pour l’INSEE, un groupe industriel ou financier n’est pas une entreprise alors qu’un autoentrepreneur en est une. Mais quand on parle de RSE, l’entreprise en question est d’abord le groupe privé multinational.

Deux définitions quelque peu péremptoires résument assez bien ce qu’on peut entendre ici et là, la société française ne faisant pas toujours dans la nuance. « Seul point commun [des entreprises] être un lieu d’exploitation où s’achète et se vend la force de travail. » (Gérard Filoche, candidat à une primaire pour l’élection présidentielle, « Un domaine où les hommes et les femmes peuvent s'épanouir. Une aventure humaine avant tout. » (Pierre-Marie Hanquiez, Président du Medef Haute-Garonne). Il faudra que l’un m’explique si les entreprises de l’économie sociale et les établissements publics sont des entreprises et que l’autre me prouve que les patrons dévoyés, les salariés exaspérés et d’une façon générale les êtres abusifs n’existent pas.

Les dirigeants, les actionnaires, les patrons propriétaires, d’une part, les salariés de l’autre, ont-ils des intérêts par définition irréductibles ? Les élus du personnel sont-ils par nature nuisibles, au mieux inoffensifs, pour la marche des affaires ? Vibratec, une PME intellectuelle nous montre qu’il peut exister des communautés de travail où le respect des uns par les autres permet à l’ensemble d’avancer.

Quelles relations entre l’État, les entreprises et la Société civile ? La puissance publique – à l’échelle nationale ou communautaire - dit le Droit, règles civiles, commerciales, du travail, etc. Il intervient aussi en matière de RSE, en fixant un cadre. L’Europe a bien évolué à ce propos, passant d’une « RSE 2001 » à la discrétion des entreprises se livrant comme bon leur semble au mécénat et à la philanthropie (caritatif) à une « RSE  2011 » surveillant les dites puissances économiques en leur demandant de tenir compte des effets de leurs actions sur la société civile et l’environnement (gestion des externalités). L’État doit intervenir, nous dit Michel Capron, notamment pour brider les forces extraordinaires que sont devenus les très grands groupes internationaux, plus puissants que bien des États, pour certains s’affranchissant de toute contribution fiscale sur les territoires dont ils utilisent les ressources, s’arrogeant des privilèges par lobbying, etc.

Et, en ce début d’automne, deux informations sur la mesure de certains aspects de la responsabilité de certaines entreprises ayant leur siège en France.

 Marie-Noëlle Auberger mna@gestion-attentive.com