Édito : Egotismes et confusions

 Ci-dessous l'édito du numéro 68 de La Missive.

Édito : Egotismes et confusions
 
On aurait pu espérer une grande réforme du droit du travail largo sensu au début du quinquennat de François Hollande, mais les réformes sociétales ont apparemment épuisé la volonté réformatrice de l’exécutif qui a attendu l’année n-1 pour bâcler en ce domaine un texte qui ne satisfaisait personne.
La version présentée au vote à l’Assemblée nationale, malgré ses imperfections, était devenue une base de discussion intéressante, avec de nombreux amendements intégrés. Les calculs électoralistes, les caricatures, les postures crispées de part et d’autre, en bref le peu de souci de l’intérêt général chez la plupart des acteurs, politiques et sociaux, ont conduit à une situation instable. On ne sait pas quel texte sera adopté en définitive ni surtout si ses dispositions passeront dans les faits, d’autant qu’une représentation nationale renouvelée en 2017 peut très bien revenir sur une loi qui sera peu ou pas mise en œuvre (on prend les paris sur la parution des décrets d’application ?).
Dans ce numéro 68 de La Missive, trois papiers : l’un sur deux sortes de travailleurs qui seraient impactés par le projet de loi, i.e. ceux qui travaillent avec une plateforme électronique de mise en relation et ceux des réseaux de franchise. Quand on parle plateforme de mise en relation, on pense à Uber mais la société californienne n’est pas la seule. Aussi trouvera-t-on, avant un petit billet d’humeur sur l’intangibilité du code du travail, un article consacré au sujet très sensible et pas stabilisé des connexions entre consommateurs et producteurs de biens et de services passant par mise en relation électronique. Trois universitaires, Roland Pérez, Sophie Mignon et Élisabeth Walliser nous font part des résultats de  leur réflexion ; entre économie collaborative et hypermarchandisation, il existe toute une gamme de relations possibles, pour lesquelles il faudra bien trouver collectivement des régulations et de la protection sociale, tant en financement qu’en prestations.
 
Marie-Noëlle Auberger mna@gestion-attentive.com
 (Achevé de rédiger le 24 juin 2016)