Les industries extractives

 Une étude de la Banque Mondiale : Le secteur des industries extractives, Points essentiels à l’intention des économistes, des spécialistes des finances publiques et des responsables politiques.

Auteurs : Håvard Halland, Martin Lokanc et Arvind Nair, avec la collaboration de Sridar Padmanabhan Kannan
Deux extraits de cette somme :
« Le caractère limité et non renouvelable des ressources pétrolières, gazières et minérales est le postulat fondamental de toute politique relative au secteur  extractif. Ce dernier se caractérise en outre par une forte intensité capitalistique, des actifs de longue durée, des producteurs sans influence sur les prix (les prix sont fixés sur les marchés mondiaux, les producteurs n’exerçant sur eux qu’une influence modérée), et des investissements immobiles – ainsi que par le caractère international des marchés des matières premières et des investisseurs. Pour constituer l’assise d’un développement durable, les ressources du sous-sol (capital naturel) doivent faire l’objet d’investissements ou être converties en formes de capital plus productives, les fondements environnementaux et sociétaux du pays étant dans le même temps respectés. »
 (p 13)
« Suite à la hausse des prix des matières premières, les politiques relatives aux secteurs pétrolier, gazier et minier ont progressivement étendus leurs objectifs au-delà de la seule mobilisation de recettes. L’on s’accorde désormais à penser que les politiques en matière de ressources naturelles doivent assurer un développement économique et social qui ne se limite pas à l’exploitation pétrolière, gazière et minière. Il n’existe certes pas de politique uniforme en matière développement économique et d’industrialisation fondés sur les ressources naturelles, mais des expériences fructueuses montrent que des politiques publiques dynamiques sont nécessaires, dont les objectifs seraient notamment les suivants :
•             Compenser l’épuisement de gisements limités par des investissements dans les ressources humaines, l’infrastructure, une capacité productive durable et la diversification.
•             Tirer parti des investissements du secteur privé dans les infrastructures extractives pour renforcer la capacité des infrastructures publiques nationales.
•             Développer les capacités en vue d’ajouter de la valeur à l’échelon local, régional et national en créant des synergies en aval et en amont – et de synergies latérales avec les secteurs et les infrastructures fondés sur les compétences et les technologies – et soutenir les entrepreneurs à l’échelon local et national.
•             Valoriser le capital humain (en coopération avec les entreprises d’exploitation des ressources naturelles) pour satisfaire aux besoins en personnel des entreprises, ainsi qu’à ceux des secteurs connexes – en amont, en aval, et latéraux.
•             Veiller à ce que l’extraction des ressources s’opère de manière à limiter dans toute la mesure du possible les dommages à l’environnement et à développer la biodiversité.
•             Veiller à ce que les profits pour les collectivités, y compris les propriétaires et les occupants des terres exploitées par les industries extractives, soient définis dans le cadre d’une procédure équitable. Il convient de noter que la notion d’équité évoluera pendant la durée d’exploitation d’une mine en raison ( i) de l’écart entre la réalité et les prévisions établies au moment où la mine est mise en exploitation ; (ii) des fluctuations des prix des matières premières ; (iii) d’autres changements (évolutions démographiques, chocs extérieurs – sous l’effet du changement climatique par exemple - etc.).
•             Appliquer les normes de santé et de sécurité. »
 (p 16)