Une jeunesse sacrifiée?

Une très intéressante analyse de France Stratégie, intitulée « Les jeunes sont-ils sacrifiés par la protection sociale ? »

 

Nous donnerons quelques éléments de la conclusion :

« Les jeunes sont-ils sacrifiés par la protection sociale ? Si l’on regarde les dépenses dont chacun bénéficie au titre de la protection sociale, et a fortiori si l’on y ajoute les dépenses publiques d’éducation, la générosité du système à leur égard ne s'est pas autant affaiblie ces trente dernières années que les montants globaux pourraient le laisser penser. (…)

Néanmoins, les revenus primaires des jeunes se sont dégradés au cours du temps relativement à ceux des plus âgés, et la pauvreté monétaire, jadis un phénomène typique des âges élevés, touche désormais deux fois et demie plus souvent les moins de 25 ans que les plus de 60 ans. Cette évolution pourrait plaider pour un rééquilibrage des dépenses de protection sociale en direction des plus jeunes.

Pour sa part, le financement de la protection sociale repose encore essentiellement sur les actifs, mais moins que par le passé. Les plus âgés sont en e‑et deux fois plus mis à contribution qu’il y a vingt ans, du fait de l’instauration de la CSG.

(…)

Les réformes successives de notre système de retraites devraient ramener dans les prochaines décennies la progression des dépenses de pensions à un niveau plus soutenable, par une baisse progressive du taux de remplacement, sous réserve toutefois qu’il y ait un minimum de croissance économique. Mais il faudra encore faire face à l’augmentation très probable des dépenses de santé et de dépendance du fait notamment des évolutions démographiques. Dans ces conditions, compte tenu des niveaux de vie et de pauvreté des différentes classes d’âge et des niveaux relatifs, il semble difficile de réduire les transferts nets vers les plus jeunes et les individus d’âge actif, ce qui appellera dans les dix prochaines années une baisse du transfert net perçu globalement par les plus de 60 ans. Dans le même temps, les dépenses de notre système de protection sociale devront favoriser des politiques renforçant sa soutenabilité, notamment en améliorant les taux de participation au marché du travail et d’emploi : politiques de conciliation entre vie familiale et vie professionnelle, investissement dans la petite enfance, l’éducation et la formation tout au long de la vie, dispositifs favorisant un vieillissement actif.

http://www.strategie.gouv.fr/sites/strategie.gouv.fr/files/atoms/files/note_danalyse_n37_-_12.01_bat.pdf