De la RSE des PME-TPE en Pays de la Loire

Le colloque « COMP-RSE » était organisé le 21 octobre 2015 par deux écoles nantaises - l’une de management, Audencia, l’autre d’ingénieurs, l’École centrale de Nantes - en partenariat avec la Région des Pays de la Loire, pionnière en matière de responsabilité sociétale des entreprises. Ce colloque avait pour thème «Compétences et dispositifs de formation pour la RSE» et, de fait, a porté aussi sur des expériences plus générales de RSE dans des PME et entreprises artisanales. Nous avons eu l’honneur de participer à la conférence finale et, sans pouvoir rendre compte de toute la richesse de cette journée, partageons ici quelques notes et réflexions. (il s'agit de l'édito du numéro XXVII de novembre 2015, l'ensemble des textes étant réservé à ceux qui nous soutiennent). 

Des PME, des artisans opèrent des actions qui se réfèrent à la RSE. A l’origine de cette démarche, on trouve toujours les convictions du dirigeant, que ce soit en matière d’évitement des déchets, d’appel à des fournisseurs locaux de qualité, de lutte contre les discriminations, de recherche du bien-être des salariés. Ces pionniers trouvent un accompagnement à la Chambre des Métiers avec des échanges entre pairs ; la Région comme Nantes Métropole s’efforcent de soutenir ces initiatives.

Une certaine formalisation de la RSE est parfois demandée par des clients, les grands groupes soumis à reddition extrafinancière. Cette formalisation peut poser problème aux dites PME qui ne disposent pas toujours des moyens humains et financiers pour ce faire. Pour résoudre ce problème, des aides publiques peuvent  permettre l’intervention de consultants.

L’optimisme revendiqué des organisateurs se base sur la conviction que l’adoption de pratiques RSE est bonne pour le business, via la motivation des salariés, la bonne réputation de l’entreprise et les relations confiantes avec l’environnement économique. Cette lecture nous parait devoir être nuancée. D’une part, nombre d’initiatives nous paraissent relever simplement d’une bonne gestion ; d’autre part, la volonté de s’inscrire dans la RSE n’est pas exempte de contradictions et de dilemmes. Et si les pratiques RSE étaient systématiquement profitables, on peut penser qu’elles seraient plus répandues. Trois cent cinquante PME sont engagées dans une démarche RSE et l’objectif du Conseil régional est de passer à cinq cents, or d’après l’INSEE, il y a dans cette région environ 1500 ETI, 9500 PME et 135 000 microentreprises. C’est dire que les pratiques RSE ne sont pas encore un effet de masse. D’autre part, certaines pratiques classifiées RSE ne sont pas dépourvues d’ambigüité : l’adoption de circuits courts évite les frais de transport et diminue les émissions de CO2, elle soutient l’emploi local mais au détriment de l’emploi plus lointain, ce qui peut aussi correspondre au rejet de l’étranger, même proche. Le «en-groupe» contre le «hors-groupe», dirait un sociologue.

Néanmoins, malgré ses ambiguïtés, la RSE, déclinaison microéconomique du développement durable, gestion attentive des externalités, est une belle aventure qui tente de plus en plus de PME.

mna@gestion-attentive.com