Confection, remontons la filière

La mode et singulièrement celle du luxe commémorent l'anniversaire de l'effondrement du Rana Plaza. Des associations d'entreprises de mode organisent le 24 avril, jour anniversaire de la catastrophe, un "évènement mondial" afin de "faire évoluer la mode et les consciences", le "Fashion Revolution Day". 

L’objectif de cette campagne mondiale est de demander la transparence.

Chaque consommateur est invité à se demander "Quel chemin a suivi mon vêtement ?", de remonter sa trace du confectionneur, du teinturier, du filateur jusqu’au fermier qui a cultivé la matière première. Bizarrement, les promoteurs de la campagne ne disent rien sur les circuits de distribution...

Ce même consommateur pourra participer au lancement de l’évènement le jeudi 24 avril en retournant ses vêtements pour en montrer l’étiquette. Verrons-nous dans les rues des pantalons et tee-shirts à l'envers? (pourtant la saint Eloi est le 1er décembre...)

Tréve de plaisanteries, il s'agit d'inciter les consommateurs à se poser une question simple : Qui a fait mes vêtements ?

""Nous les engageons à être curieux, chercher, interpeler et faire quelque chose pour encourager plus de transparence et de respect. La diffusion se fera sur tous les réseaux sociaux #insideout #fash_revfrance
Le 24 Avril 2014, 50 pays s’uniront pour lancer cette campagne. Pour la France, le board est composé de Sabrina CHERUBINI (EKYOG), Barbara COIGNET (1.618 Luxe&Développement Durable), Cécile LOCHARD (Citizen Luxury) et Isabelle QUEHE (Fondatrice de l’Ethical Fashion Show). Le mouvement est déjà suivi par de nombreuses marques, personnalités, producteurs, artisans, experts… Tous persuadés qu’en valorisant les meilleurs pratiques, nous pourrions changer la vie de nombreuses personnes.""(
www.fashionrevolution.org)

Et pour finir quelques données sur la filière:

""• Environ 100 millions de ménages ruraux sont impliqués dans la production de coton dans 70 pays (sur une échelle mondiale). 
• Les 2/3 de ce coton sont produits dans les pays en voie de développement. Pour la plupart des fermiers issus des communautés de culture du coton, il s’agit de leur seule source de revenu.
• Pour exemple, en Afrique de l’Ouest, la culture du coton représente 40% de l’exportation qualitative.
[ne nous demandez pas ce qu'est l'exportation qualitative, nous n'avons pas réussi à trouver une définition consensuelle, NDLR]
Un grand nombre de fermiers travaillant le coton vivent dans la pauvreté – ils tentent de vivre avec moins de 2$ par jour. Cela fait quelques temps que les prix mondiaux du coton sont irréguliers et les fermiers ont été sévèrement touchés par la chute de ces prix. La situation actuelle se complexifie de plus en plus. Les cotonculteurs subissent la montée des coûts du carburant, des pesticides et des insecticides. Cela signifie que peu de fermiers ont la possibilité de couvrir les coûts de leur production. En effet, ils ne peuvent faire abstraction de ces derniers, alors que le coton se vend à un prix dérisoire.
Les fermiers cultivant le coton aux Etats-Unis, en Europe et en Chine sont fortement subventionnés ce qui conduit à une surproduction du coton de leur part. Lorsque leurs grandes quantités de coton se retrouvent sur les marchés mondiaux, les prix sont tirés vers le bas et les producteurs de coton à petite échelle ne peuvent pas les concurrencer.
L'industrie de la mode et du textile, après l’industrie du pétrole, est la deuxième industrie la plus polluante sur terre. (Source : Fashioning Change)
• Aujourd’hui, nous possédons quatre fois plus de vêtements dans notre garde-robe qu’en 1980 et la comparaison est aussi valable pour le montant dépensé en achat de vêtements chaque année.

Au moins 8000 produits chimiques sont utilisés pour transformer les matières premières en vêtements. Beaucoup d’entre eux sont toxiques et polluent l’environnement, l’eau locale et causent de sévères dommages chez les travailleurs. (Source : Greenpeace)
• Il y a 20 000 morts / an résultant d’un empoisonnement au pesticide. La plupart d’entre eux travaillent dans la culture du coton dans les pays en voie de développement. (Source : EJF)
• La mode est la deuxième industrie la plus polluante au monde avec le pétrole, en termes d’impact sur l'environnement. 25% des substances chimiques produites dans le monde sont utilisées pour les textiles et c’est une industrie qui est extrêmement polluante pour l’eau potable (la deuxième la plus polluante après l’agriculture). (Source: Danish Fashion Institute 2013). 
[Il faudra qu'on m'explique les limites de la filière mode, car les matières premières utilisées par celle-ci proviennent de l'agriculture (coton, laine, jute...) ou bien du pétrole ou de la chimie largo sensu (Nylon, Tergal...), où s'arrête-t-on vers l'amont? NDLR}

Les anglophnes peuvent aller voir http://fashionrevolution.org/