l'acier mondialisé et le béton local

Intéressants propos de l'architecte Rudy Ricciotti (architecte du Musée des civilisations de l'Europe et de la Méditerranée à Marseille) dans M le magazine du Monde, daté 30 juin 2012 (page 80 pour ceux qui voudraient lire l'article):

"Je crée des bâtiments qui nécessitent une forte activité de main d'oeuvre locale. Je suis contre l'importation de technlogies préfabriquées en Inde ou en Chine, d'où l'acier arrive prédécoupé, ne laissant à l'ouvrer français que la clé à mollette comme savoir-faire. Le béton fabrique des métiers non délocalisables. L'architecture est un projet politique, qui doit, par les emplois créés, permettre la répartition des richesses."

La grande architecture, celle des ponts, des stades et des musées, est une profession largment mondialisée, contrairement à celle des immeubles "normaux" et des maisons qui est nationale, voire régionale. Que le concepteur d'une passerelle à Séoul et d'une salle de concerts à Postdam milite pour le savoir-faire local et la relocalisation de la fabrication semble monter que le mondial et le local ne s'opposent pas toujours.