Dialogue entre Comités économiques et sociaux

 

par Béatrice Ouin, membre du Comité économique et social européen

 Du 22 au 24 juillet s’est tenu à Shanghai un séminaire conjoint entre les Comités économiques et sociaux européen et chinois sur le commerce et le développement.

Le Comité économique et social européen est composé de 344 représentants de la société civile européenne, un tiers d’employeurs, un tiers de syndicalistes, le dernier tiers réunissant les représentants des agriculteurs, des professions libérales, des  associations familiales, de consommateurs, environnementales..

Le Comité économique et social chinois, lui, est une organisation statutairement indépendante qui réunit des instituts de recherche dans les domaines économiques et sociaux, des représentants syndicaux, des entreprises du secteur public et surtout privé. Il est financé majoritairement par des fonds d’entreprises privées. Son rôle est de soutenir le processus de réformes en Chine et de contribuer à la politique d'ouverture vers l'étranger.

En 1994, la Commission européenne définissait pour la première fois un cadre global des relations de la Communauté européenne avec les pays d'Asie dans sa communication intitulée "Vers une nouvelle stratégie asiatique". En 2001, elle décidait d'aller plus loin dans cette politique et d’établir "Un cadre stratégique pour renforcer les relations de partenariat Europe-Asie".

Les CES se rencontrent

Le CESE pour sa part a noué des relations avec le Conseil économique et social de Chine (CESC), avec lequel il a signé une déclaration conjointe dès la création de celui-ci, en 2001.

Dans une déclaration conjointe signée en juillet 2002 à Beijing, les deux institutions ont reconnu l'importance de maintenir et de développer des relations d'amitié entre la Chine et l'Union européenne et se sont dites prêtes à engager des consultations, un dialogue et des recherches sur des questions économiques et sociales d'intérêt commun, ainsi que sur des questions liées aux droits de l'Homme et à l'état de droit, afin de promouvoir le développement économique et le progrès social en Chine et dans l'Union européenne.

Le neuvième sommet UE-Chine, qui s'est tenu à Helsinki en septembre 2006, a reconnu que les échanges et la coopération entre le CESE et le CESC constituaient une composante importante des relations UE-Chine et a encouragé la mise en place d'une Table Ronde de la société civile UE-Chine qui se réunirait régulièrement afin de contribuer à enrichir et à développer le partenariat stratégique entre la Chine et l'UE. La réunion inaugurale de la Table Ronde a eu lieu le 22 juin 2007 à Pékin et a été consacrée au développement durable et au changement climatique.

Une Table ronde de la société civile

La Table ronde a été conçue comme un forum de discussion et de dialogue de la société civile sur toutes les questions ayant trait aux relations UE-Chine, offrant une approche plus informelle qu'au niveau officiel, indépendante des aléas de ce dernier. Grâce à sa nature non gouvernementale, elle a toute latitude de décider des sujets de discussion qu'elle veut aborder et d'aller au-delà des thèmes débattus entre les instances gouvernementales. Une étroite collaboration avec la Commission européenne permet de suivre les débats en cours au niveau des dialogues bilatéraux et de tenir compte de ceux-ci dans le choix des thématiques.

La Table ronde est composée de trente membres, quinze représentants côté européen, autant côté chinois. Elle est coprésidée par les Présidents des deux institutions. Les quinze représentants européens reflètent la composition du CESE : cinq employeurs, cinq syndicalistes et cinq représentants des intérêts divers.

La Table ronde se réunit deux fois par an, alternativement en Chine et dans le pays de la présidence de l'UE. Depuis 2007, elle a examiné des questions liées au développement durable, au changement climatique, à l’énergie, aux eaux et forêts, elle a débattu de la responsabilité sociale des entreprises, du commerce et des investissements en lien avec les discussions en cours pour le renouvellement de l'accord de coopération et de partenariat bilatéral entre la Chine et l'UE, mais aussi du recyclage des déchets, des droits économiques et sociaux en Chine et en Europe, des droits des enfants.

Les thématiques abordées sont choisies alternativement par la partie européenne et par la partie chinoise et approuvées de commun accord. Elles sont examinées lors de deux Tables rondes successives, afin de disposer d'une vue d'ensemble d'une problématique et d'une compréhension des concepts utilisés par chacun dans un premier temps, d'approfondir les aspects les plus porteurs pour la société civile dans un deuxième temps.

Un rapporteur chinois et un rapporteur européen préparent une contribution écrite établie avec l'aide d'un expert de leur choix qui servira de base au débat.

Des rencontres et visites de terrain sont organisées en lien avec les thématiques abordées. C'est ainsi que les membres chinois ont pu visiter des installations de recyclage de déchets au Danemark et en Allemagne, ou que des rencontres avec des représentants du ministère du commerce chinois, l'union des entreprises européennes en Chine ou l'association des femmes entrepreneurs de Chine ont été organisées en marge de la session sur le commerce et l'investissement.

Séminaire à Shanghai

Le séminaire de juillet 2010 à Shanghai ne réunissait qu’une partie des membres de la Table ronde, mais associait d’autres membres, experts des questions de commerce et de développement. Une partie des réunions ont eu lieu au sein du pavillon belgo-européen de l’exposition universelle, puisqu’il avait lieu au même moment que les Journées européennes du commerce, avec la participation, notamment du commissaire européen Karel De Gucht et du vice ministre du commerce de la République populaire de Chine, Gao Hucheng. Ensuite des sessions ont eu lieu à l’Hotel Haytt, organisées par le Conseil économique et social chinois, la Conférence consultative politique du peuple chinois et le Comité économique et social européen. Du côté européen, l’un des rapports s a été présenté par Evelyne Pichenot (Française, groupe des intérêts divers). Il s’agissait de présenter l’avis dont elle a été rapporteure qui portait sur le commerce international et le changement climatique[1].

A l’issue du séminaire, quelques conclusions ont pu être dégagées : le commerce peut être un outil efficace de développement ; la libéralisation du commerce doit intégrer des préoccupations sociales et environnementales et associer la société civile ; le commerce peut contribuer à promouvoir la croissance « verte ».

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[1] téléchargeable à <http://eescopinions.eesc.europa.eu/EESCopinionDocument.aspx?identifier=ces\rex\rex267\ces769-2010_ac.doc&language=FR>