Coopération décentralisée et développement durable

 Le 22 juin au Centre d’Accueil de la Presse Etrangère, actuel et anciens ministres présentaient la position française en matière de coopération décentralisée.

 

Le congrès fondateur d’une nouvelle organisation mondiale des villes et collectivités locales a eu lieu à Paris en mai: CGLU -Cités et gouvernements locaux unis- regroupe les trois réseaux que sont l’Union internationale des autorités locales, la fédération mondiale des cités unies et Métropolis, l’association des très grandes agglomérations. 

 

Le gouvernement soutient la coopération décentralisée, qui est devenue une part essentielle de l’aide au développement, affirmait Xavier Darcos, ministre délégué à la coopération, au développement et à la francophonie, pour qui le développement durable est le choix de la France et de son président, ce qui conduit le Ministère des affaires étrangères à s’inscrire dans le processus de Johannesburg.

 

Pendant des années, jusqu’à la loi de février 1982, explique Bernard Stasi, la coopération décentralisée n’a pas été prise au sérieux. Pourtant la diplomatie des peuples est née avec les jumelages de villes dans le cadre de la réconciliation franco-allemande. Aujourd’hui quatre à cinq mille collectivités territoriales sont engagées dans la coopération: toutes les régions, la moitié des départements, les grandes villes et bien des villes moyennes. Les principes d’une telle coopération sont la paix, la solidarité et la diversité culturelle.

 

L’ONU reconnaît les collectivités locales, ajoute Louis Le Pensec, et la charte de CGLU comporte trois idées: la transversalité (prendre en compte l’environnement économique, social et culturel); la subsidiarité (participer à l’émergence de pouvoirs locaux autonomes du pouvoir central et démocratiquement désignés); l’élaboration en commun de diagnostics partagés (ce qui permet l’évaluation et éventuellement la correction). Il convient aussi, ajoute t-il, de s’assurer de la réversibilité possible de ce qu’on met en œuvre.

 

Des représentants de collectivités locales apportaient ensuite leur témoignage : la communauté urbaine de Dunkerque coopère avec la Flandre occidentale car l'existence de l’autoroute A 16 reliant les Pays-Bas à la Bretagne et la très forte augmentation des trafics portuaires en mer du Nord rendent indispensable une coopération régionale. Elle fait aussi partie du réseau Euro-Gaza qui regroupe l’ensemble des villes européennes jumelées avec Gaza, dont Barcelone et Turin. Dans ce cadre, Dunkerque travaille à la réhabilitation du quartier Al Nasser, sur un financement de L’Europe et de la Banque mondiale. Angers forme un couple avec Bamako depuis trente ans, quatre-vingt associations angevines travaillent avec la cité africaine, dans les domaines de l’école, de l’eau, de la culture. La ville d’Angers consacre 0,5% de son budget d’investissement à Bammako et s’engage dans la rédaction d’un guide méthodologique. Dans le cadre de la fédération des parcs régionaux, le parc situé entre Angers et Tours a basé sa problématique sur le fleuve, et développe dans cet esprit un parc régional autour de Luang Prabang. Les Laotiens  commençaient à combler les zones humides pour éviter les moustiques porteurs de paludisme, l’expérience des gens de la Loire les aide à les conserver et les valoriser. Les parcs régionaux français apportent une expertise gratuite au Brésil, à la Pologne, au Mali. Dans une volonté d’effacer les stigmates du passé, Nantes, ancienne plate-forme française du commerce triangulaire, travaille avec Durban qui se penche elle-même sur son passé d’apartheid ; la coopération avec Durban se place aussi dans le cadre des villes fluviales portuaires qui inclut aussi Recife au Brésil et Rofis au Sénégal. Brou-sur-Chantereine , 4300 habitants dans le nord de la Seine-et-Marne, a des projets conjoints avec Dunkerque avec le port de La Havane ; son intercommunalité avec Chelles s’inscrit dans un agenda 21 qui inclut la coopération décentralisée ; une ONG locale travaille sur l’enfance avec une tribu indienne qui visitera Brou dans la cadre de l’année du Brésil.

 

En conclusion, un haut fonctionnaire rappelait que les collectivités locales possèdent une certaine expérience en matière de gestion du territoire, le rapport des surfaces gérées en France respectivement par l’Etat et par les collectivités territoriales étant de 1 à 8…

 

MNA