Les groupements d'employeurs pour l'insertion et la qualification

Il était une fois des employeurs qui avaient des problèmes de recrutement et de fidélisation de personnel. Ils se dirent qu'il existait un gisement potentiel de salariés: les personnes en difficulté. Ces employeurs astucieux ont alors créé les GEIQ - groupements d'employeurs pour l'insertion et la qualification - afin de transformer des personnes hors l'emploi en salariés qualifiés qu'ils espéraient fidèles.

 Le GEIQ fonctionne selon le principe de tout groupement d'employeurs: c'est le groupement qui embauche - jusqu'à présent en contrat de qualification, désormais en contrat de professionnalisation - et met les salariés à disposition des entreprises en fonction des besoins de celles-ci. La personne formée, souvent un jeune mais pas toujours, est suivie par un professionnel de l'accompagnement au GEIQ et par un tuteur en entreprise.

 Il existe une centaine de GEIQ en France, regroupant trois mille entreprises. Ils existent notamment dans le secteur de la propreté et celui des transports, c'est à dire dans les métiers "en tension" qui ont besoin de collaborateurs et n'en trouvent pas sur le marché. Les GEIQ sont relativement peu nombreux en Ile de France, qui compte par exemple un seul GEIQ dans le secteur de la propreté, contre trente en Rhône Alpes.

 Le financement des GEIC provient en moyenne à 85% de la mise à disposition des salariés auprès des entreprises et à 15% des subventions des collectivités locales et parfois de l'Etat. Mais les GEIQ ne sont pas reconnus par l'Administration comme des acteurs à part entière de l'insertion économique.

 Environ sept personnes sur dix sont embauchées en CDI dans l'entreprise utilisatrice en fin de parcours, le GEIQ essaie de trouver une autre solution pour les trois autres mais les patriciens avouent que certains personnes sont "tellement mal de partout" qu'ils ne savent plus comment faire. Au GEIQ transports "trois pays", on reconnaît que les premiers contrats de qualification ont abouti à des échecs: on avait cru que la personne qui obtenait son permis poids lourds devenait ipso facto un chauffeur, ce qui est loin d'être le cas. Maintenant, l'accompagnement continue en aval et les personnes formées obtiennent réellement leur qualification.

 Les GEIC n'existent pas que dans les métiers manuels, un est en cours de constitution en Aquitaine sur les métiers du spectacle, un GEIQ artistique est fonctionne sur la friche de la Belle de Mai à Marseille.

 Les chefs d'entreprise qui s'engagent dans ce système le font pour résoudre leur pénurie de personnel mais aussi dans une démarche militante. Et ils se réclament du développement durable, sans doute parce que le terme est à la mode mais il est certain que l'action des GEIQ relève à la fois du pilier économique et du pilier social.

 MNA